Zones humides : ce que le terrain nous apprend que les cartes ignorent
Au printemps 2026, auddicé a réalisé une étude pédologique dans le cadre d’un diagnostic de zones humides dans le nord de la Drôme.
Cette étude consiste à rechercher dans le sol des traces d’hydromorphie : des indices visibles qui témoignent d’une présence prolongée de l’eau dans le sol, au moins une partie de l’année.
Selon la notice géologique locale et le référentiel régional pédologique de la Drôme, il était probable que les sols du secteur d’étude soient très peu évolués et durcis. Les courbes topographiques indiquaient par ailleurs de fortes pentes : un facteur généralement peu favorable à la retenue de l’eau.
Si la majorité des sondages se sont en effet révélés très courts, butant rapidement sur une molasse impénétrable dans les pentes, certains replats, quelques dépressions topographiques et patchs de végétation, indiscernables sur les courbes de niveau et sur photo-interprétation, présentaient une végétation plus fournie, plus haute, accompagnée parfois de quelques espèces typiques des milieux humides.
Au sondage, le constat fut sans appel : un sol profond présentant des traces d’hydromorphie (des taches de rouille, du gley...), permettant de délimiter environ 3 900 m² de zone humide, soit près de 2 % de la surface du secteur d’étude.
Au-delà de leur intérêt écologique, les zones humides rendent de nombreux services à l’Homme et au vivant : épuration de l’eau, régulation du climat, accueil d’une biodiversité singulière, support d’activités culturelles et récréatives... Elles agissent comme de véritables « éponges naturelles ». Elles atténuent les crues en stockant l’eau, rechargent les nappes phréatiques, puis restituent progressivement cette eau en période de sécheresse.
Ces enjeux environnementaux importants seraient restés invisibles sans un diagnostic de terrain. C’est pourquoi un contexte à priori défavorable à la pédologie ne doit pas forcément être un prétexte à s’affranchir de cette étape du diagnostic.