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Éclairer le patrimoine, préserver le vivant : le défi du Domaine d’Harcourt

Dans le cadre de son projet d’extension du parcours lumineux, une expérience immersive ayant lieu de décembre à février, auddicé a accompagné le domaine d’Harcourt dans la prise en compte des enjeux biodiversité. La réalisation du projet nécessitait différents aménagements comme l’extension du parking existant.

Les principaux enjeux écologiques identifiés concernent les effets de la lumière artificielle sur la faune, en particulier les chauves-souris et les amphibiens, espèces sensibles aux dérangements en période hivernale. C’est pourquoi, les inventaires faunistiques et floristiques ont été réalisé essentiellement en hiver.

L’étude dédiée aux chiroptères a intégré les conditions météorologiques (précipitations et températures), afin de mieux comprendre leurs comportements en période hivernale et d’enrichir les connaissances sur leur utilisation du site. Les observations ont également reposé sur les données collectées par des enregistreurs automatiques d’ultrasons. Plusieurs espèces en hibernation ont ainsi été repérées dans un tunnel des douves comme le Murin à moustaches et du Murin de Daubenton. Sur le domaine, la Pipistrelle pygmée a également été identifiée, une espèce classée vulnérable en Normandie. Au total, six espèces d’intérêt patrimonial ont été observées.

Par la suite, neuf sorties ornithologiques ont permis de recenser 67 espèces d’oiseaux, dont 49 espèces protégées et 13 espèces patrimoniales à l’échelle régionale ou nationale.

Concernant les autres groupes faunistiques, une espèce patrimoniale a été recensée parmi les 38 espèces d’insectes inventoriées : le Lucane cerf-volant. Une espèce de reptile, l’Orvet fragile, a également été observée. Plusieurs espèces patrimoniales d’amphibiens ont par ailleurs été identifiées : Grenouille agile, le Triton alpestre, la Salamandre tachetée

À la suite de ces inventaires, plusieurs mesures ont été mises en place afin de limiter les impacts du projet sur la faune :

  • Installation d’éclairages orientés vers le sol pour limiter les risques de perturbations liés aux émissions lumineuses pour les oiseaux et les chauves-souris.
  • Réalisation de vérifications des cavités arboricoles afin de confirmer l’absence d’oiseaux et de chauves-souris susceptibles d’être dérangés pendant les travaux. Aucun individu n’ayant été détecté, aucune mesure complémentaire n’a été nécessaire.
  • Pose de nichoirs et de gîtes à chiroptères en dehors du parcours lumineux.
  • Création d’une mare de compensation visant à assurer la continuité écologique avec les autres mares présentes dans le boisement du domaine. Cet aménagement a été réalisé en collaboration avec des archéologues, le site étant classé au titre des monuments historiques.

Le suivi écologique du site se poursuivra durant les cinq prochaines années, avec une attention particulière portée à la période hivernale précédant l’ouverture du parcours lumineux. Il comprendra notamment le suivi des populations d’oiseaux, des sessions d’écoute des chauves-souris ainsi qu’un suivi des amphibiens au sein de la mare de compensation.