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Cinq ans après la suppression d’un seuil, la Chauranne a repris son cours et les castors avec !

En partenariat avec l’Agence de l’Eau, SNCF Réseau a rétabli la continuité écologique de la Chauranne en supprimant un seuil sous un pont rail à Saint-Pierre d’Argençon (05). Celui-ci provoquait une chute d’environ 1m70, infranchissable pour des espèces de poissons et créant un obstacle pour le Castor d’Europe.

Le diagnostic écologique mené par auddicé en 2020 avait permis d’identifier les enjeux floristiques et faunistiques du projet et de définir des mesures d’évitement, de réduction et d’accompagnement en faveur d’espèces cibles. Une démarche d’éco-conception volontaire de la part de SNCF Réseau, qui s’est engagée dans un suivi de ses aménagements et de plusieurs espèces sur cinq ans (terminé en 2026). Ces suivis étaient les suivants :

  • Le suivi des poissons
    Deux suivis ADNe ont été menés en N+2 et N+5. Pour chaque suivi, deux échantillonnages ont été réalisés : un en amont et un en aval de l’ancien seuil. Ils ont permis de détecter 3 espèces : la Truite commune et la Truite arc-en-ciel, présentes en amont comme en aval de l’ancien seuil, ainsi que le Vairon, observé uniquement en aval. Pour la Truite arc-en-ciel, sa détection ne constitue pas un indicateur d’efficacité de l’aménagement car elle est régulièrement introduite pour des activités de pêche.
  • L’évolution de la répartition du Castor d’Europe en amont et en aval de l’ancien seuil
    Pour ce suivi, des appareils photographiques automatiques ont été installés en amont et en aval de l’ancien seuil, sur les 5 années, et ont permis de photographier à 46 reprises le Castor d’Europe. Des individus juvéniles ont également été détectés en 2025. Ce suivi par appareils photographiques automatiques a également permis de recenser 36 autres espèces faunistiques : 28 espèces d’avifaune dont le Cincle plongeur, une de reptile, le Lézard à deux raies, 8 espèces de mammofaune dont le Loup gris !

    En parallèle du suivi par appareils photographiques automatiques, un transect pédestre était effectué, à chaque passage, depuis le lit du ruisseau de la Chauranne afin de rechercher des traces de Castor d’Europe. L’espèce a bien colonisé l’amont de l’ancien seuil par la présence de terriers, barrages, indices de consommation et zones de passage.

  • L’utilisation des nichoirs à Cincle plongeur installés sur les berges du ruisseau
    Aucun nichoir n’a été occupé par un nid de Cincle plongeur. Toutefois, l’espèce a bien été recensée chaque année de suivi lors de la nidification par des observations, des écoutes de chants nuptiaux et par les photographies d’appareil à déclenchement automatique.
  • L’utilisation des gîtes à chiroptères installés sur des arbres et sous le pont-rail
    Les 5 années de suivi révèlent une utilisation ponctuelle mais régulière des gîtes par les chiroptères : des individus ont été observés dans 4 des 11 gîtes, avec des groupes d’espèces identifiés (Pipistrelle sp., Noctule sp., Groupe Sérotule). Le gîte installé sous le pont-rail se distingue avec 8 observations sur 15 sorties, soit la fréquence d’occupation la plus élevée.

    Par ailleurs, les gîtes accueillent également des espèces d’entomofaune, de reptiles, de micromammifères, dont notamment le Muscardin, confirmant ainsi leur rôle écologique polyvalent.

  • Suivi des micro-habitats pour les amphibiens et les reptiles
    Les hibernaculums aménagés à partir des matériaux d’aménagement répondent aux besoins écologiques des reptiles avec deux espèces recensées : le Lézard à deux raies et le Lézard des murailles. En revanche, aucune espèce d’amphibien n’a été recensée dans ces microhabitats.

Les objectifs de plus-value pour la biodiversité de ce projet écologique ont été atteints ! Une meilleure continuité écologique pour les poissons et le Castor d’Europe, une présence avérée du Cincle plongeur, des micro-habitats favorables aux reptiles, ainsi qu’une utilisation prometteuse des chiroptères dans les gîtes. Un projet exemplaire !